Changement d’école forcé!

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Je dois vous avouer que je ne sais pas trop par où commencer… Depuis le lancement de notre blogue de pères, c’est la deuxième fois que ça nous arrive. Quelqu’un nous a contactés en privé pour nous demander notre aide. Nous!? Vraiment!? Les dudes de PdG en renfort!?

Pourquoi pas!

Si on peut aider des parents et des enfants, on est là! Les papas masqués contre la connerie humaine!

On n’a pas toujours été tendre, tendre envers les gens qui nous gouverne. Que ça soit au sujet des CPE, de la PUGE, des tickets ou des CPE (encore une fois) on ne s’est jamais caché pour donner notre humble opinion!

On continue ça aujourd’hui!

Depuis un bon nombre d’années, au Québec, un débat fait rage sur la pertinence des commissions scolaires. J’avoue que j’ai jamais su quoi en pensé, car mes filles viennent tout juste de commencer l’école. Donc le contexte scolaire actuelle ne faisait pas vraiment partie de ma réalité.

Voilà qu’il y a quelques jours une maman, qui nous suit sur Facebook, nous contact pour demander de l’aide. Évidemment elle est consciente que nous ne changerons pas sa situation par nous-mêmes, mais d’en parler pourrait peut-être lancer un débat, faire boule de neige et ainsi changer les choses! Vous connaissez l’effet papillon? On s’est dit que le coup en valait la chandelle. Trêve de métaphores, voilà la situation:

Changement d’école forcé! 

Voici un extrait (Je l’ai résumé, car la colère du père l’a poussé dans un élan d’écriture digne d’une tirade de Cyrano de Bergerac, mais en tabarnak!) d’une lettre envoyée à la commission scolaire de leur fils.

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Vous saurez, sans aucun doute, apprécier le caractère acerbe de la présente communication, mais je vous assure que c’est de bonne guerre considérant le peu de discernement dont votre comité de commissaires semble faire preuve dans ses décisions. (…) je vais prendre le temps de rédiger l’histoire du transfert d’école de mon petit Alexis. (…)

Alexis vient de terminer son année préscolaire à l’école Le Ruisselet située sur le territoire de L’Ancienne‐Lorette, une école sous la supervision de la Commission scolaire des Découvreurs (CSDD). Deux semaines avant la fin de l’année scolaire 2015‐2016, je reçois un appel du directeur qui m’informe que mon fils devra être transféré vers une autre école sur le territoire, puisqu’il fait partie des élèves les plus éloignés de l’école Le Ruisselet….

  • À noter ici que l’école « actuelle » est à 670 m de la résidence familliale. La « nouvelle » école où pourrait être transféré Alexis est située à 1,99 km de la maison de l’écolier. Pour ceux qui ne sont pas super fort en math, il est déplacé dans une école PLUS LOIN de chez lui!

Revenons à la lettre!

…Prenez le temps de noter le court délai pour m’enfoncer cette décision dans la gorge, juste avant le départ des principaux intervenants pour les vacances d’été. Consternation, colère, incompréhension et indignation ! Ces mots résument assez bien ce qui se passe dans ma tête à ce moment (…) Je questionne la direction, je m’informe, je déterre les faits pour finalement apprendre à ma grande surprise que le nombre d’élèves qui fréquentera l’école de mon fils l’an prochain a bondi en raison de nouveaux arrivants dans le secteur (ce que je respecte et ce que j’encourage puisque j’habite une ville extraordinaire soit dit en passant) et d’enfants qui fréquentaient des écoles privées, et que ces jeunes, qui n’ont jamais fréquenté une école précise sur le territoire sous la supervision de la CSDD, expulsent des enfants qui y sont déjà établis.

Pourquoi ces enfants expulsentils mon fils ? Tout simplement en demeurant, apparemment, plus près de l’école que mon fils et que ces autres enfants qui, comme Alexis, sont aussi expulsés de leur école. (…) L’environnement socioaffectif d’un enfant établi dans une école précise se fait démolir et réduire à néant par un vulgaire critère de distance ! Les membres de la direction de la CSDD me disent que c’est la loi, qu’ils gèrent plus de 7000 élèves et que chaque élève déplacé subit le même préjudice. (…) Premièrement, ce n’est pas ce que dit la loi (nous pourrons la lire ensemble si vous voulez) puisque d’autres commissions scolaires interprètent ladite loi autrement et avec discernement, deuxièmement, le nombre d’élèves que vous gérez n’a aucune importance sur votre obligation de savoir gérer vos écoles et finalement, ce n’est pas vrai que tous les élèves déplacés subissent le même préjudice. Un élève transféré qui n’a jamais fréquenté l’école qu’il désirait fréquenter subit un infime préjudice contrairement à l’enfant qui la fréquentait et qui est forcé de changer d’école.

Lorsque je leur ai demandé s’ils avaient cherché à trouver le scénario de transfert le moins dommageable, le moins préjudiciable, et ce, pour l’ensemble des écoliers qui fréquenteront leurs écoles l’an prochain, la réponse a été grandiose : qu’attendezvous de nous exactement ? Euh ! Que vous fassiez votre travail, Mesdames et Messieurs ! Alors que ces personnes pensaient naïvement que je ne souhaitais que profiter d’un saufconduit pour que mon fils échappe au transfert, de mon côté, je demande que cette politique contraire à toute idée de bon sens et d’humanité soit révisée pour protéger avant tout autre élément l’enracinement des jeunes dans une école, dans une communauté, dans un environnement que j’appelle socioaffectif. Bref, je ne conteste pas cette politique pernicieuse uniquement pour mon fils, mais pour tous ces enfants déplacés de façon irresponsable année après année par la CSDD en raison de vos décisions. Vous voulez une situation encore plus inacceptable ? Voici : certains jeunes qui fréquentaient une même école jusqu’en sixième année se font transférer pour leur dernière année scolaire. Scandaleux ! Encore une fois : la distance, ce critère hégémonique !

(…) J’ai vu de mes yeux des écoliers faire l’accolade à leur professeur le visage couvert de larmes le 23 juin dernier. Le contact humain, ce contact qui se perd à vitesse grand « V » dans ce XXIe siècle numérique se doit d’être préservé et protégé si nous voulons continuer à espérer « accrocher » les enfants sur les bancs d’école pour longtemps. Procéder de façon arbitraire à des déplacements sans tenir compte de l’attachement des jeunes à leur environnement en détruisant ces contacts humains développés à grandsefforts est une offense grave. L’aisance administrative est une chose, Messieurs et Mesdames les Commissaires, mais le bienêtre des jeunes devrait transcender tous les éléments et critères dans vos décisions douteuses et revenir au cœur du processus décisionnel. (…)

En terminant, je vais vous confier que ma maison est à vendre en raison de votre indolence à modifier une politique délétère puisqu’il sera impossible pour notre famille d’évoluer l’an prochain dans ce contexte entre deux écoles avec des horaires asynchrones sans modifier notre endroit de résidence…

  • À noter que le frère ainé d’Alexis, lui, peut rester à cette école car il n’y a pas de nouveaux arrivants dans son niveau. La Comission scolaire a offert aux parents de transférer les deux à la même école, mais les parents ne sont pas certains si déraciner l’aîné, alors que plus de la moitié de son primaire est déjà derrière lui, est vraiment une bonne idée.

…Bien qu’il soit trop tard pour empêcher le transfert de mon fils, il n’en demeure pas moins qu’il sera de retour au Ruisselet pour l’année scolaire 20172018 et que rien ni personne ne pourra le déloger suivant la logique de votre politique. La conséquence : un autre élève déjà établi au Ruisselet se fera indiquer le chemin de la porte et je peux vous assurer que je serai bien présent pour expliquer à ce jeune et à ses parents qui sont les grands fautifs de cet inqualifiable transfert.

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Commissaires, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Père, étudiant et enseignant

En communiquant avec le père en privé, j’ai appris que le petit Alexis vivait mal cette situation. En plus de devoir se séparer de son frère, Alexis sent qu’il n’a pas sa place dans l’école que son frère fréquente. Le père croit même que : « Un enfant ne devrait JAMAIS être rejeté d’un environnement dans lequel il est implanté. JAMAIS! C’est lui faire comprendre qu’il n’est pas le bienvenu et l’inciter à se recroqueviller sur lui-même ou à diminuer son estime personnelle. » Je vous rappelle que le père est enseignant!

La famille souhaite déménager pour trouver un point médian entre les deux établissements scolaires pour permettre à la mère, qui travaille et qui se rend au boulot en autobus (car elle ne conduit pas), d’aller chercher un enfant ou l’autre dans un temps raisonnable advenant que le père soit dans l’impossibilité d’aller les chercher.

Pour ma part!

Je ne comprendrai jamais les gens de bureaux. Comment ne peut-on pas faire preuve de discernement quand on parle de la situation d’un enfant!? Bon j’entends déjà certain d’entre vous dire: « Ce n’est pas leur problème si la mère ne conduit pas! » Vrai. « Ce n’est pas leur faute s’il y a de nouveaux inscrits! » Vrai. « Ils ont juste à changer les deux enfants d’école en même temps! » Est-ce vraiment une solution et une bonne idée? « Qu’est-ce que tu veux qu’ils fassent, ya des enfants qui habitent plus proche! » Ben oui mais caliss!!! Ils habitent trop loin de l’école donc ils transfèrent leur kid dans une école, pas plus proche là, PLUS LOIN!! C’est ça gérer comme un king? Come on! Tu prendrais-tu un vol Montréal-Paris avec une escale à Tokyo toi!? Pis, ne me sortez pas l’argument de « c’est la loi ». Un policier m’a déjà dit de faire attention la prochaine fois, à la place de me donner un ticket! J’ai quand même brûlé un stop et ça dans la loi c’est illégal.

Tant et aussi longtemps que nous serons gérés par des technocrates issus de la maison des fous d’Astérix et les douze travaux, qui ne connaissent la vie qu’à travers le laisser-passer A-38, nous ne serons jamais capables de gros bon sens!

J’émets une hypothèse là… Et si disons que la nouvelle école est pleine de gens plus proches l’année prochaine… Qu’arrivera-t-il avec le petit Alexis?

Je vous laisse sur les paroles de ce père 

« Ce n’est pas une tumeur au cerveau qui nous accable, mais je pense que c’est une injustice assez forte pour qu’on la clame haut et fort! Je vais mener le combat pour que d’autres enfants ne subissent pas le même tort. Ça, c’est le plan de match! »

J’aimerais bien avoir vos commentaires à ce sujet. Si quelqu’un à une solution pour le petit Alexis ou si quelqu’un a déjà vécu ça… Merci.

Voilà!

JF

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