Opinion sur l’école – Madame… Vraiment!?

L'école au QuébecL'école au Québec

Il y a quelques jours, mon comparse de blogue JF a écrit un article intitulé « J’vide mon sac – Madame… Vraiment? ». J’ai ensuite commenté sur le Facebook de Père de Gosses que je répondrais, puisque je n’étais pas d’accord!

Nous y voilà donc avec mon opinion sur l’école!

On ne se mentira pas, la rentrée scolaire est un moment de pure stress pour les parents. Sans blagues, d’avoir toutes la liste des effets scolaires. Gérer la nervosité des enfants qui commencent/retournent/changent d’école. Se remettre dans la routine du matin. Se lever plus tôt. Les devoirs. La routine du soir. Ainsi de suite. C’est plus ou moins le sujet de ma réponse, mais je veux quand même mettre en situation afin de comprendre ce qu’un parent vie en début d’année.

Madame… Vraiment!?

Oui Oui, Madame

Oui Oui, Madame

Ben oui! Je pense que c’est une bonne idée. L’argument qu’apporte JF au niveau de la hierarchie, pour moi est bon. C’est à dire qu’on ne souhaite pas créer un sentiment d’infériorité chez l’enfant. Je ne pense pas que c’est une histoire de « C’est moi le boss icitte, faque écoutes-moi! ».

Ce n’est pas parce-qu’on utilise un mot comme Madame qu’on se présente à une subordination chez l’enfant. Je pense cependant que c’est tout simplement une forme de politesse et de respect. C’est un peu comme appeler ses parents par leurs prénoms, disons.

Je ne serais pas tout à fait à l’aise que mes enfants m’appellent Joe Lab. Pour eux je suis Papa. C’est mon rôle en lien avec eux. C’est pas que je suis supérieur ou mieux. Ça défini simplement que j’ai un rôle à leur égard. L’enseignant/e a aussi un rôle à l’égard de mon enfant. Il faut bien définir la relation entre l’enfant et les différentes personnes qu’ils rencontrent. Il n’est pas socialement aussi clair pour lui c’est quoi la différence entre les relations qu’il a avec certains adultes.

Je ne pense pas que ça créé un froid non plus. Mon plus vieux a eu un lien hyper serré avec son professeur l’an passé. L’appeler Monsieur n’a pas créé de barrière. De la même façon qu’appeler sa grand-mère « Grand-Maman » n’a pas fait qu’elle était moins accessible. C’est juste un titre qui défini bien le rôle de la personne avec qui l’enfant fait affaire. Madame Ariane, elle n’ira pas au parc avec toi le week-end. À la limite, on va se dire la vérité, Madame Ariane, ta professeur, le week-end elle ne veut probablement pas te voir… et c’est ben « correct de même ».

Vouvoiement

Et si je vous disais qu'on n'étais pas super poli, mais juste pas des trous de culs

Et si je vous disais qu’on n’étais pas super poli, mais juste pas des trous de culs

Le vouvoiement, c’est une autre histoire. Est-ce que je pense que ça a sa place? Je ne le sais pas honnêtement. Ça semble créer un espèce de « gap » dans une relation. Il est clair que les gens que je vouvoie dans ma vie sont des gens avec lesquels je ne me sens pas assez près pour utiliser le tutoiement. C’est poli de dire « vous » avant d’avoir apprivoiser la personne dans le fond. Un peu comme le renard dans le petit prince. C’est une question de confiance possiblement?

Tout ce que je sais, c’est que j’ai vouvoyez mes professeurs à l’école privée. Je les ai tutoyés à l’école public. Ça n’a pas changé le service qu’on m’a donné. C’est la relation que le professeur a établi avec moi qui établissait ma motivation à bien réussir. Le noeud de la guerre, il est là. Moins dans les mots utilisés.

 

Je pète ma coche quand même

Ceci dit, il y a plein de choses que je trouve qui cloche dans le système scolaire quand même. Quand mon fils revient avec des pages et des pages de devoirs à tous les semaines et qu’on a de la misère à tout faire, je trouve ça rough. Lui aussi d’ailleurs. En fait, je voudrais bien partir sur une crise sur comment l’éducation est fait pour un moule de personne standard, mais « christ » que personne n’est fait pareil.

Les maths c'est sérieux, riez pas si la réponse est 69

Les maths c’est sérieux, riez pas si la réponse est 69

Ce que j’ai remarqué chez mes enfants, c’est que si on leur « pitch » quelque chose d’abstrait par la tête sans contexte, il s’en contrefichent. Sauf que si tu leur donne dans un contexte qu’ils aiment, il vont boire tes paroles et apprendre plus vite que tu te l’imagines. Même que si le contexte que tu leurs offre est de la « marde », ils vont même faire un effort pour ne pas apprendre.

Pierre a 15 oranges. Il en mange 5. Qu’est-ce qui reste à Pierre?

Mes enfants répondraient probablement: « Un foutu mal de ventre. Qui est-ce qui mange 5 oranges?!

Pourquoi pas des problèmes d’actualités? Du genre: Batman est entouré du Joker, Mr. Freeze, Catwoman et du Riddler. Il a deux batarangs, combien restera-t-il de méchants s’il les lance tous sur eux.

Je te gage que mon enfant sera capable de te répondre plus rapidement, plus motivé et EN PLUS te demandera de lui demander une autre question du genre.

DU CONCRET

Mon plus vieux a eu de la misère à lire. Il n’aimait pas lire. En classe, on lui faisait lire des histoires d’enfants qui cueillent des pommes et des thèmes enfantins du genre. La professeure m’a indiquée qu’il avait un gros problème et qu’il aurait beaucoup de misère l’année qui suit parce-qu’il ne suivait pas le programme. Mon enfant n’aimait tellement pas lire qu’il avait écrit une histoire sur un monstre qui tuait un professeure de français (ironique, je sais).

Votre manque de passion me "disturbe"

Votre manque de passion me « disturbe »

L’année d’après, nouveau professeur. Il m’a indiqué la même difficulté, mais s’est efforcé afin d’aborder des thèmes qui intéresse mon enfant. Il aime le karaté. J’ai acheté des mangas avec des tournois de karaté. Il a dévoré les livres. Maintenant il adore lire et a fini avec des notes au-dessus de la moyenne (dans ta face Mme Professeure de première année accroc à ton programme de caca). Non seulement ça, la nouvelle professeure de cette année m’a dit que c’est problématique parce-qu’il lit trop les revues de sciences au lieu de prêter attention en classe. Bon, on gère un autre problème, le retour du balancier!

Donc, la coche, je la pète où? Sur le système normalisé et les profs qui l’appliquent à la lettre comme une recette. Il me semble que si on pouvait offrir un service personnalisé aux élèves, on pourrait avoir de meilleurs résultats au rythme de chacun.

C’est complètement utopique. Je le sais.

« Les coupures… »

« Trop d’élèves dans les classes… »

« Ça prend une normalisation… »

C’est tous des bons points. Mais on jase là. Il y a plein de profs qui font du bon travail. Le professeur de mon garçon en deuxième année était une perle. Sauf que je suis pas mal convaincu que les profs ne sont pas tous intéressés à vraiment connaître leurs élèves. Simplement à passer leurs matières et leurs programmes. Pas tous.

PAS LA NORME

J’ai peur de dire ce que je vais dire parce-que je n’aime pas me chicaner ou la controverse. Cependant, je pense que je me commettrais même à dire que les professeurs qui ont vraiment à cœur les enfants et leur évolution ne font pas la norme. Pourquoi? Parce-qu’on s’en souvient de ceux-là.

Si j’ai un tas de skittles dans ma main. Ils sont tous rouge, sauf un vert. Lequel me restera dans l’esprit? Le vert. Pas parce-qu’il est bon, juste parce-qu’il est différent…

Donc, de quel professeurs vous souvenez-vous? Les bons. D’ailleurs, c’est eux qui ont une influence sur votre vie à plus long terme. Je veux dire par bon professeur ici, les professeurs qui ont personnalisés leur enseignement à leur clientèle. On me dira que tous et chacun n’ont pas le même professeur « influenceur ». Pourtant, si on sondait les gens de mon école et les parents d’élèves allant à la même école que mon fils, les mêmes noms ressortaient. Les mêmes noms étaient considérés « bons ». Il y a sûrement une raison.

Normal!?

Normal!?

De quel professeurs vous souvenez-vous aussi? Les mauvais. Hep! Ils ressortent du lot aussi. On raconte les anecdotes de ces professeurs en riant (peut-être à tord).

Reste que la majorité des professeurs, est-ce qu’on s’en souvient? Est-ce qu’on en parle. Pas tant. Je ne me souviens même plus du nom du professeur de maternelle de mon plus vieux. Pourtant elle n’était pas mauvaise. Elle n’était pas hors de l’ordinaire aussi.

En fait, je pense que la façon dont on éduque nos enfants parle pour comment on produit les futurs enseignants. On veut un moule. Rien qui sort de l’ordinaire, c’est trop difficile à gérer. C’est pas de leur fautes, c’est le système dans lequel il sont finalement… Un système qui vise la performance moyenne et non le dépassement dans ce qui nous passionne vraiment.

Pis je me permets un dernier petit quelque chose:

Si tu n’es pas passionnée par le rôle de professeur. S’il vous plaît, je t’en supplie. Change de vocation (parce-que oui, c’est une vocation). Sinon tu « scrappes » des mois et des mois d’apprentissage pour un enfant.

Si toutefois tu es passionnée, continue, je t’en supplie, de démontrer que dans la vie, il faut faire ce qu’il nous passionne à nos enfants. Merci pour ce que tu fais. Tu es un/e saint/e. Tu produit notre futur. Ton métier est vraiment important pour nos enfants et pour leur génération qui se définit à travers ce que tu leurs transmet. Je t’apprécie. Non. Je t’aime.

 

Be the first to comment on "Opinion sur l’école – Madame… Vraiment!?"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*